Ketchup & Mustard

  G E T  ∗ U P  ∗  D R E S S  ∗ U P  

Samedi, 25 janvier 2014
















 1. Manteau - Zara (FW 2013)
2. Chemise - H&M (SS 2012)
3. Pantalon - Vero Moda
4. Sneakers - Jumex customisées
5. Clutch - Asos 
6. Montre - Casio



L'enfer des autoroutes

  L A  ∗ C O M E D I E  ∗  U R B A I N E   

Dimanche,  5 janvier 2014



Ô chauffeur et chauffeuse, chauffard et chauffarde, conducteur et conductrice, toi qui chaque matin débrailles ton moteur pour entendre ronronner ton fidèle destrier urbain, ton compagnon de route le plus dévoué, qui t’emmènera d’un point A à un point B, toi fier(e) opposant(e) des transports publics, tu connais l’enfer de l’autoroute !



L’autoroute ou l’apprentissage de la patience


Wikipédia nous la définit comme étant : «  une route réservée à la circulation des véhicules motorisés rapides et dont le tracé permet de circuler avec une sécurité optimale. » Certes. J’émettrais toutefois une réserve sur l’utilisation de l’adjectif « rapide ». Oui, bien entendu, on s’est tous fait doubler par un bolosse qui se la pète en BM en dépassant outrageusement la limitation autorisée (dans ce genre de moment humiliant, tu te consoles en te disant que TOI au moins tu respectes la loi… Tsss). Mais s’il y en a certains qui roulent à des vitesses qui n’existent même pas sur le compteur de ta Twingo, il y a ceux que même le tracteur de ton village natal dépasserait. Les indésirables du trafic. Vous voyez de quoi je parle ? Et alors quand la caravane a décidé de dépasser le camion remorque sur une autoroute à deux voies, ton impatience liste les choix qui s’offrent à toi : 1) Te pendre avec la ficelle de ton sapin désodorisant, 2) Sortir ta pelle d’urgence de ton coffre et construire une voie dédiée à ces boulets de la circulation, 3) provoquer volontairement un accident, comptant sur la rapidité de l’ambulance pour te sortir de ce cauchemar 4) aussi fou que ça puisse paraître, prendre ton mal en patience. Et puis finalement, après avoir convoqué tous tes chakras, invoqué la raison universelle,  tu optes pour la quatrième option. Sage décision.

 L’autoroute ou le réservoir de cons et l’abus de courtoisie


Le pourcentage de cons présents sur l’autoroute s’approche grandement du pourcentage qu’on peut rencontrer de l’autre côté de la portière, voire même le surpasse les vendredis soirs, les jours de pleine lune et lors du chassé-croisé estival. Parmi eux, on notera : le frimeur qui te fait un appel de phare alors que ta Fiat Panda est au max pour devancer le camping-car qui ne va pas plus vite que ton tricycle avec un pneu crevé, le frustré qui met cinq minutes pour te dépasser et que tu vas devoir doubler une fois qu’il se sera rabattu, l’indécis qui change de file comme de chaussette dans un bouchon (et qui n’a visiblement pas compris le principe de la loi de Murphy), le retour du frimeur qui te dépasse à 200km/h par la droite en te faisant un doigt d’honneur discret (genre tendinite du majeur navré-je-ne-peux-pas-le-plier) contre la vitre,…

Bien entendu lors que tu entres en contact avec ce genre d’individus, la courtoisie est au rendez-vous : klaxons, un doigt du milieu, grimace, regard menaçant, jurons et autres mots d’amour glisser par la fenêtre. Moi aussi, je vous aime.


L'abus de politesse entre conducteurs se traduit souvent par un majeur bien tendu


L’autoroute ou le cimetière du bois de Quatsou

Un voyage sur l’autoroute est non seulement l’occasion de créer de nouvelles amitiés avec d’autres compagnons de route, comme cité plus haut, mais c’est aussi l’opportunité de rencontrer la faune et la flore de la région, et ceci sous une forme bien plus originale qu’au musée d’histoire naturelle. A  croire que toute la forêt du bois de Quatsou y est passée. Enfin, si vous êtes à cours d’activités pour occuper votre marmaille lors de votre descente annuelle vers le camping des Flots Bleus, vous pouvez toujours jouer à « Devine-quel animal-fut-ce-cadavre-avant-de-se-faire-tragiquement-rouler-dessus-par-une-VW. » Idéal pour des progrès en sciences naturelles.


L’autoroute ou la quête sempiternelle des toilettes

Après un bon nombre de kilomètres passés derrière le volant ou sur la banquette arrière, je crois que je peux affirmer qu’il existe une corrélation indéniable entre le besoin d’uriner et la fréquence de restaurant d’autoroute mettant à disposition des toilettes. Malheureusement il suit le principe de « l’inversement proportionnel ». Ainsi lorsque le besoin « urgent » est encore supportable, les sorties s’enchaînent les unes après les autres mais par obstination ou par peur de déranger le conducteur, tu t’abstiens. Et puis arrive l’étape où tu tentes des positions très étranges tout en te concentrant sur le paysage en espérant que l’envie te passe. Mais pendant que tu te contorsionnes, les chances de te soulager s’espacent progressivement. Et puis lorsque tu te décides enfin à avertir ton chauffeur que « non, là ça peut plus attendre » et que la goutte guigne, tu peux être sûr(e) que la prochaine sortie est à des kilomètres. Une fois la voiture arrêtée, tu bondis hors du véhicule, entreprends une course à travers le parking, course durant laquelle chaque pas est un combat contre l’ouverture des vannes, et puis il reste l’épreuve de LA pièce. Oui, la pièce de 50 centimes qui t’ouvrira la porte du soulagement ultime… C’est généralement à ce moment-là que ton porte-monnaie s’est renversé dans ton sac.



Tête baissée dans ta course effrénée vers le trône


Ô chauffeur et chauffeuse, chauffard et chauffarde, conducteur et conductrice, toi qui t’es reconnu(e) à travers ces quelques lignes, toi qui ne cesses de te plaindre lorsque tes pneus s’usent sur le bitume, n’oublie pas que l’enfer de l’autoroute n’est rien en comparaison à l’enfer des transports publics…